CR AG des précaires du 18 novembre 2009

Compte rendu de l'AG des personnels précaires

de l'Université Jean Monnet du 18 novembre 2008.


Le mardi 18 octobre s'est tenue une AG des personnels précaires de l'UJM. Dans un premier temps, nous avons essayé de faire le tour des problèmes rencontrés (très nombreux et variés !). La liste ci-dessous n'est pas exhaustive :

  • * contrats précaires renouvelés pendant des années (pendant plus de 15 ans parfois !) sans véritable perspectives de promotion ni de titularisation, que ce soit pour les contrats sur budget état ou les contrats sur fonds propres (qui correspondent à des recettes propres à un service ou à l’université)
  • * par moment on a des successions de contrats très courts (un ou deux mois) d'où une précarité accrue
  • * pour les contractuels qui sont titularisés, on leur propose un CDI et non l’accès au statut de fonctionnaire
  • * pour les vacataires : paiement des salaires différés parfois plusieurs mois après la période travaillée, fiches de paie la plupart du temps erronées sans indication claire des périodes travaillées, travail sous-évalué, non prise en compte des heures réelles de travail, salaires parfois clairement en dessous du SMIC, non prise en compte des frais de déplacements, attitude de l’université qui considère que ces rémunérations sont des revenus « accessoires », « d’appoint » (alors que les vacations constituent pour beaucoup la source principale de revenus)
  • * contrats de travail signés mais non fournis et parfois pas de véritable contrat de travail
  • dans la majorité des cas, l’université ne cotise pas aux ASSEDIC, ce qui implique aucun droit au chômage en fin de période travaillée et souvent le faible nombre d'heures travaillées n'ouvre pas droit au chômage
  • * multiplicité des sortes de contrats, de « statuts » où le niveau de rémunération et les droits sont flous (même l’administration semble avoir du mal à s’y retrouver !)
  • * dans certains cas, la rémunération se fait en bon d'achats (livres ou matériels divers)
  • * manque de considération et de reconnaissance flagrant
  • * le gros problème de la précarité : pas de stabilité donc grande difficulté à se mobiliser et à réclamer des droits (peur du « couperet » qui tombe sur les précaires revendicatifs) et les personnels sont soumis à toutes sortes de pressions
  • * souvent on se contente de rétorquer aux précaires qui osent se plaindre de leur situation « t'as qu'à passer un concours ! »
  • * etc.

Ces problèmes rencontrés s'inscrivent dans un cadre plus global de soumission du système d'éducation à la loi du marché, dont les réformes successives (LMD, LRU...) en sont les aboutissements institutionnels.

  • * la loi LRU, applicable à l'UJM à partir de janvier 2009, au lieu de créer des postes va en supprimer (225 au niveau national, 2 à l'UJM)

  • * le maître mot de ces réformes est la rentabilité de l'université, qui devient de fait une entreprise, ce qui entraîne une remise en cause du contenu scientifique des enseignements et des recherches, favorisant les thématiques rentables d'un point de vue financier

  • * l'université a de plus en plus recours aux précaires (par exemple, en SHS on compte 40% de titulaires et 60% de vacataires dans l'enseignement)

  • * on assiste également à une multiplication des statuts au niveau des enseignants, d'où un cloisonnement croissant des personnels selon leur statut

  • * on note par ailleurs une généralisation des recours aux primes, ce qui permet une valorisation des revenus sans rehausser les salaires de base ; de plus les critères d'attribution des primes sont flous... et une prime peut être facilement supprimée ! On est dans la logique de la carotte...

  • * l'obsession de la rentabilité conduit également à resteindre les postes administratifs qui gèrent les personnels (2 personnes pour 1800 salariés) ce qui conduit à une intensification de leur travail, réalisé en flux tendu, ce qui peut produire de gros dysfonctionnements en cas de problème : absence, maladie (et les malades ne sont pas remplacés !)...

  • * par contre, on note que 15 personnels de catégorie A (cadres) ont été embauchés aux services financiers de l'UJM


Pour terminer, nous avons parlé de quelques pistes d'action et de revendications.

  • * Il y a quelques années un collectif de vacataires chargés de cours s'est mobilisé et a pu obtenir satisfaction sur quelques revendications, mais leurs avancées ont été par la suite oubliées...

  • * A également été évoquée une tentative d'action syndicale auprès du CTP (Comité Technique Paritaire). D'après la loi une commission consultative auprès du CTP pour les non-titulaires devrait être mise en place, mais l'université, pourtant si prompte à appliquer les réformes, n'a pas eu le temps de le faire. Un groupe de travail a cependant été constitué et a remis ses conclusions au président... qui n'a pas eu le temps de s'y intéresser arguant de la priorité de l'intégration de l'UJM au PRES de Lyon.

  • * il nous semble évident de nous conformer au code du travail qui prévoie une rémunération mensuelle pour un travail mensuel.

  • * Il est essentiel de briser les barrières catégorielles imposées par les différents statuts (ou abscence de ceux-ci) pour mettre fin à l'isolement. Dans cet ordre d'idée, les titulaires devraient être solidaires des précaires avec qui ils travaillent quotidiennement et dont ils ne peuvent pas se passer. De plus, la menace permanente qui pèse au-dessus des précaires serait fortement réduite si les titulaires s'engageaient à leur côté dans la lutte.

  • * D'autres pistes d'action ont été évoquées : s'inviter à la prochaine réunion du CTP, réaliser des envois massifs sur les fax et les courriers électroniques de l'administration pour dénoncer cette situation, alerter la presse, ...

  • * D'ores et déjà une démarche de collecte de témoignages est entreprise. Tous ceux et celles qui désirent nous faire part de leur expérience peuvent envoyer un texte à l'adresse suivante quidbloque@yahoo.fr


Lors de la prochaine AG prévue le 25 novembre nous déciderons collectivement de la façon de rendre publique cette situation et des actions concrètes à mettre en place.