CR de l'AG du 17/03 :

Les groupes pour compter les voies sont mixtes (pour ou contre le blocage) + fermeture des portes à 14h30.


I) Informations :

a) Mobilisation nationale :

Le 26 Février : 14 Universités bloquées.

Le 03 Mars : 22 Universités bloquées.

Le 05 Mars : 25 Universités bloquées.

Le 15 Mars : 36 Universités bloquées.

En tout 68 Universités en grève.


b) VI° Coordination Nationale des Universités (16 mars à Dijon) :

(Communiqué et motions officielles, diffusées et validées à 23h40 le 16 Mars)

Communiqué du matin :

Depuis six semaines, l’université et la recherche sont en grève. Cinq coordinations nationales des universités, quatre coordinations étudiantes, deux coordinations de la CNFDE se sont réunies à ce jour ; les laboratoires en lutte, les docteurs non titulaires et doctorants, ainsi que les salariés de l’Education Nationale et les parents se sont également constitués en coordinations ; les IUT, les BIATOSS s’organisent en coordinations dans la semaine qui vient.

En dépit d’un mouvement sans précédent, malgré des centaines de motions, d’analyses produites depuis des mois, malgré les dizaines de milliers de manifestants rassemblés chaque semaine, les ministres de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et de l’Education Nationale persistent à ignorer l’ensemble des revendications des enseignants, des étudiants, des chercheurs, des personnels administratifs et techniques, en particulier l’abrogation de la loi LRU et du pacte pour la recherche. Une mascarade – l’annonce d’une année de «transition» vers la masterisation – en suit une autre – la « réécriture » du décret statutaire. La plupart des dossiers sont tout bonnement absents des discours de V. Pécresse et de X. Darcos. Comme si cette farce n’était pas suffisante, 92 députés de la majorité viennent de déposer avec le plus grand cynisme au regard de la situation actuelle un projet de loi, en continuité avec les préconisations de l’OCDE, qui entend faire porter aux seuls étudiants et à leur famille le coût du désengagement sans précédent de l’Etat de l’enseignement supérieur.

La 6e Coordination Nationale des Universités réunie à Dijon dénonce l’irresponsabilité et le cynisme des ministres dans la gestion d’une crise majeure de l’enseignement supérieur et la recherche. Ils portent seuls la responsabilité de la radicalisation du mouvement. Ils ne représentent en rien l’esprit de notre communauté. La Coordination Nationale des Universités refuse tout chantage qui enfermerait les personnels et les étudiants dans le dilemme : sauver la promotion actuelle ou sauver les promotions à venir. Elle ne peut être tenue pour responsable d’une situation que nous subissons.

Elle exige du gouvernement le retrait des réformes contestées et la mise en place urgente des conditions d’ouverture d’un véritable dialogue. Elle appelle au renforcement d’une mobilisation unitaire et à la multiplication de ses actions. Elle ouvre, aujourd’hui lundi 16 mars, à Dijon, le « printemps des universités et de la recherche » dont le premier acte aura lieu le 19 mars 2009.

Motion concernant le porte parolat de la CNU

La CNU est formée par la réunion des personnels administratifs et techniques, enseignants et chercheurs, étudiants, mandatés par les AG. Elle représente la majeure partie des universités et institutions d’enseignement supérieur public et de recherche français. La CNU est une organisation représentative du mouvement.

La CNU désigne pour la représenter une équipe de porte-parole représentative, renouvelable à la coordination suivante, et lui accorde mandat impératif de communication sur la base de l’appel national constitué par l’ensemble des motions adoptées par les coordinations ayant eu lieu à ce jour. Cette délégation n’a pas mandat pour négocier. Elle réagit à l’actualité de la mobilisation, joue un rôle de facilitateur organisationnel entre deux coordinations, elle fait le lien avec l’intersyndicale. Sa mission est de porter la parole de la CNU entre les assemblées générales de celle-ci, seule expression légitime du mouvement. Les porte-parole sont élus de manière paritaire parmi les mandatés de la CNU actuelle.

Motion stratégique : calendrier et actions

Nous, membres de la communauté universitaire et de recherche, assumons notre responsabilité de défense de la transmission du savoir à travers une éducation accessible à tous, une recherche menée avec passion et les tâches indispensables nécessaires à son fonctionnement. Nous défendons avec force ces valeurs, niées par les réformes que nous combattons. Nous observons en outre qu’aucune des revendications formulées dans les précédentes motions adoptées par les AG n’a été satisfaite.

La CNU attire l’attention du gouvernement sur l’inquiétude  croissante des étudiants concernant l’issue de leur année universitaire. Elle les assure de sa solidarité et invitera les universités à étudier en temps utile les mesures nécessaires à une juste évaluation de leur année. Elle affirme que le gouvernement doit prendre ses responsabilités face aux étudiants, aux personnels et à notre société.

La CNU se déclare particulièrement choquée par l’attitude de mépris voire de provocation des deux ministres de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, et de l’Education Nationale. Elle condamne avec force la répression violente de manifestations pacifiques, les fermetures administratives.

La CNU soutient les enseignants du second degré qui défendent les commissions paritaires et transparentes d’affectation et de mutation dans un cadre national et solidaire. Elle apporte son soutien total aux enseignants des écoles qui luttent contre la casse de celle-ci et plu particulièrement aux enseignants entrés en « résistance ».

La CNU dénonce les manquements graves à l’éthique que constituent les mensonges répétés de X. Darcos (par exemple sur l’allongement de la formation des enseignants) et de V. Pécresse (par exemple sur les budgets). Elle demande leur démission.

Les attaques contre l’université et la recherche s’intègrent dans une politique globale contre les services publics et les conditions de vie de la population en général. Nos revendications sont les suivantes : aucun salaire en dessous de 1500€ net, un plan pluriannuel d’embauche, la fin de la précarité.

C’est pourquoi la CNU renouvelle son appel à participer massivement à la journée d’action interprofessionnelle du jeudi 19 mars. Elle appelle les secteurs en lutte et les organisations syndicales à donner une suite très rapide à cette journée.
 

Calendrier proposé :

La CNU recommande :

1. la mise en place de deux manifestations et/ou actions « coup de poing » par semaine, sans précision de lieu.

2. la mise en place dans les lieux publics d’actions (type « cours hors les murs ») manifestant la spécificité de nos métiers, et de nos missions (enseignement, recherche).

- 17 mars : nuit de l’université des facs franciliennes.

- 18-19-20 mars : participation à la mobilisation européenne contre la stratégie de Lisbonne à l’occasion du sommet européen des 19 et 20 mars.

- 19 mars : manifestation interprofessionnelle. Appel à la grève générale dans le public et le privé.

- 20 mars :

  •  
    •  
      • appel pour que les directeurs de composantes des Universités démissionnent à cette date si les revendications ne sont pas entendues par le ministère. Publication de ces démissions (à la façon des aixois, 120 lettres de démission apportées à la présidence et au rectorat).
      • Voter la grève en convergence avec d’autres secteurs : appel à des rassemblements dans les villes dans cette perspective.
      • 20 mars : 1ère Coordination Nationale des Doctorant-e-s et Docteur-e-s non titulaires à 11h, à l’Université Paris 8, Amphi bat. D

- week-end du 21-22 mars : 5e CNE

- 23 mars : 7e CNU à Strasbourg.

- 24 mars :

  •  
    •  
      • appel aux syndicats siégeant au CTPU de voter contre le projet de décret statutaire dont nous exigeons le retrait ; appel à un rassemblement massif au lieu de réunion de la CTPU.
      • réunions publiques et manifestation nationale de la maternelle à l’université ?
      • blocage prévu du CA du CNRS.

- 25-26-27 : RPG.

  •  
    •  
      • Rectorats : encerclement à l’ouverture pour interdire l’entrée des personnels
      • Péages : tracts, ouverture de barrières et passages gratuits
      • Gares : blocages ponctuels des voies ou à défaut simple tentatives  d’intrusion dans les gares

- 26 mars : manifestation nationale avec des déclinaisons locales.

- 28 mars. suspension des activités de direction des labos  (voté le 14 mars)

- 31 mars, par ex manif nationale de chez Pecresse a chez Darcos, pour ne pas remonter les maquettes. (c’est la nouvelle date de remontée des maquettes).

Suggestions d’actions :

  •  
    • De la maternelle à l’université :
  •  
    • proposition de motions communes pour militer et converger dans la lutte avec le secondaire et le primaire
    • déplacements dans les écoles, les collèges et les lycées
    • organiser une nuit des écoles et une nuit des universités en même temps, par exemple sous la forme d’une retraite au flambeau

    • Administratif :
  •  
    • envoi aux élus d’une lettre mettant V. Pécresse devant ses responsabilités en cas de non remise des diplômes
    • demander aux députés qui ont voté la loi LRU de venir s’expliquer dans les universités
    • ne laisser en paix ni les ministres ni les recteurs : installer des piquets de grève devant ces espaces stratégiques rappelant la nature des revendications (par exemple, tous les jours de 9h à 10h30)
    • blocages de CA ou d’instances décisionnaires dans les universités. Mettre sous pression les exécutifs universitaires pour qu’ils fassent remonter au ministère le fait que la situation locale est devenue intenable
    • boycott des jurys de bac sur la base d’un texte (proposé par SLU) et mis en ligne pour signatures individuelles
    • démission collective des directeurs d’UFR, des directeurs de départements, des personnels exerçant des fonctions administratives (selon un calendrier proposé par chaque université)
    • création de cahiers de doléances dans les universités à partir d’ateliers de travail et en vue d’Etats généraux de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
    • mise en service de caisses de grève (spécialement pour faciliter la mobilisation des BIATOSS)

    • Médiatique :
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    • organisation d’une journée nationale de blocage des universités (manifester avec un brassard : université n en grève)
    • acheter une page dans la presse
    • intervenir lors des événements sportifs (par exemple) pour saisir l’opportunité médiatique
    • manifestations en nocturne / avec instruments de musique
    • défilés en sous vêtements ou nus…
    • occupation de lieux publics symboliques
    • tracter directement différents publics avec des textes ciblés
    • défilés plusieurs fois par semaine (notamment à Paris)

c) A.G. (Métare, STAPS, Personnel) :

Métare : 412 votant.

Grève adoptée à l'unanimité.

Vote blocage : 111 contre, 91 abstentions et 210 pour.

STAPS : 180 personnes.

Vote grève : 4 contre, 8 abstentions et 168 pour. 

Vote blocage : 4 contre, 11 abstentions et 165 pour.

Personnel : Reconduite de la grève à la majorité (notamment avec un appel à la journée de grève générale du 19 Mars).

Continuité du mouvement et appel à ne pas céder aux interventions, violences, ... policières de plus en plus fréquentes.


d) Réactions du gouvernement :

Masterisation avec une année de transition? et réécriture partielle du statut des enseignants-chercheurs.

Violence policière du a une attitude déplorable du gouvernement + méthode d'intimidation par Pécresse sur les professeurs en leur demandant de se déclarer grévistes (illégal).


e) Prochaine A.G. intersecteurs :

Le jeudi 19 Mars.


f) Europe :

Barcelone le 26 Février étaient appelés à voter les étudiants sur le processus de Bologne et 93,1 % des étudiants ont votés le gel de ce plan et pour un débat sur l'Université public.

19-20 mars : Sommet d'état Européen pour choix de la stratégie à venir sur Lisbonne.

28-29 Avril : Sommet de Louvain (Belgique) tous les deux ans sur processus de Bologne avec création d'un contre sommet à Louvain même. 


II) Actions :

a) Bilan semaine dernière + répression CRS :


Mercredi 11 Mars : lecture silencieuse place de l'Hôtel de Ville + action Paris Nice.

Jeudi 12 Mars : sitting avec blocage des trams + préfecture.

Vendredi 13 Mars : marathon des STAPS à Jean Jaurès + sitting préfecture.

Samedi 14 Mars : Fausse manifestation de Droite + animation au Parc de Villars.

Répression policière dont celle d'une classe de 3° dans une gare de Paris.


b) Actions à venir (Université Solidaire) :

Action coup de poing a ne pas divulguer.

Grève générale Jeudi 19 Mars avec départ de la manifestation à 09h30 de la Bourse du Travail.

Université Solidaire (voir anciens et nouveaux programmes sur le blog).


c) Propositions :

Spectacle joué à la fin de la manifestation du Jeudi 19 Mars sue l'esplanade devant le Planétarium = dérision de la politique du gouvernement.



III) Votes :

a) Nouvelles motions : 

Motion 1 : Nous étudiants grévistes demandons une véritable autonomie de l'Université et une Université totalement indépendante de pouvoirs économiques et politique.

En conséquence nous demandons : 

- l'abrogation de la loi LRU et de ses décrets d'application.

- la restitution des postes.

- la mise en place d'une nouvelle loi dont l'élaboration sera confiée aux acteurs de l'Université selon les modalités qu'ils choisiront.

Soumise à l'A.G. : 90 contre, 144 abstentions = adoptée à la majorité.


Motion 2 : Nous étudiants grévistes tenons à affirmer notre inquiétude quant à notre avenir professionnel et demandons à ce que tout soit mis en oeuvre pour que des postes soient créés dans tous les secteurs d'activité.

En particulier nous soutenons les luttes actuelles demandant une augmentation des moyens dans les secteurs de l'éducation, de la santé, de l'action sociale, de la culture, de la justice.

Soumise à l'A.G. :  30 contre, 92 abstentions = adoptée à la majorité.


b) Grève :

239 contre, 67 abstentions = adoptée à la majorité.


c) Motions + blocage (débat) :

361 contre, 45 abstentions, 460 pour (866 votant).


IV) Modalités de vote + date prochaine A.G :

Proposition d'une journée de vote et de débats 8h-16h.

Bulletins secret, contrôle des cartes étudiantes = soumission au vote : 126 contre, 4 abstentions, 72 pour.


Texte contre-arguments pour vote à bulletin secret :  

Les mouvements de lutte sociale nécessitent une cohérence de fond afin que ce que l'on veut ne rentre pas en contradiction avec ce que l'on fait. Dans cette optique, la question des modalités du vote dans les assemblées générales est essentielle. Et la proposition de voter avec les cartes étudiantes et à bulletins secret pose problème.

Voter à bulletin secret estompe en grande partie le sentiment de force collective qui émane d'un vote à main levée. Nous sommes une force collective et nous n'avons aucun intérêt à nous imposer ce procédé individualisant. De plus bien souvent, le dépouillement est tellement long qu'une fois qu'il est terminé, beaucoup de personnes ne sont plus là. L'effet d'estompage de notre force collective est donc immédiat.

Un argument avancé par les partisans du vote à bulletin secret est qu'il permet aux personnes influençables et peureuses de voter librement. Nous ne pouvons qu'encourager les personnes présentes ici à assumer leurs opinions et leur rappeler que même si les débats ont parfois été houleux, jamais personne n'a été agressé ou molesté en raison de ses opinions lors des divers mouvements étudiants qu'ont connu l'Université Jean Monnet ces dernières années. Et nous noterons au passage que cette pratique du vote à bulletin secret n'est pas en cours dans les A.G. des personnels, enseignants et enseignants-chercheurs de l'Université.

Le fait de devoir voter en présentant une carte étudiante nous semble également soulever plusieurs paradoxes. Tout d'abord, nous trouverions regrettable dans la période actuelle de flicage permanent, de répression excessive et de suspicion perpétuelle, que nous nous imposions à nous même un outil de contrôle supplémentaire. Le mouvement social dans lequel nous nous inscrivons aujourd'hui peut aussi  être l'occasion d'expérimenter d'autres modes de fonctionnement que ceux que nous connaissons déjà et qui ne doivent pas être si bons que ça puisque nous sommes là aujourd'hui. Au même titre que le vote à bulletin secret, le vote avec la carte étudiante n'est que la simple reproduction de schémas déjà connus. Ce genre de moment doit aussi nous permettre d'en interroger l'efficacité et la pertinence.

Aussi nous sommes à l'Université, à nous de donner un vrai sens à ce terme "Université". Lors d'un mouvement de lutte à l'Université, refuser l'accès ou l'expression de ceux qui souhaiteraient  se joindre à la lutte sous prétexte qu'ils n'ont pas de carte étudiante, cela rentre en contradiction totale avec l'endroit même où nous sommes. Pensons à ceux qui ont arrêté l'Université ou qui ne peuvent s'y inscrire en raison des frais que cela engendre, pensons aux auditeurs libres, ceux qui viennent juste en cours mais ne passent pas les examens car ils n'ont pas de carte étudiante pas plus d'ailleurs que les enseignants ou le personnel de l'Université. Lorsque nous voterons des actions communes faudra-t-il leur demander leur bulletin de paie pour vérifier qu'ils sont de l'UJM?

Toutes ces personnes ont largement de quoi se préoccuper du sort de l'Université, bien qu'ils n'aient pas de carte étudiante. Ils n'ont pas de carte étudiante, contrairement à ceux qui, bien que n'ayant rien suivis des débats et des précédentes A.G., viendront voter simplement parce qu'ils sont contre le blocage.

L'incohérence va même parfois plus loin.

Lors d'une précédente A.G., on a pu voir des étudiants ayant voté contre la grève participer à la désignation des personnes choisies pour représenter l'UJM à la Coordination Nationale... .

Ce genre de non-sens mérite d'être souligné et doit nous inciter à questionner sérieusement le fait que des non-grévistes puissent participer aux choix des modes d'action des grévistes.

Enfin un blocage ou une occupation sont des modes d'actions parmi d'autres. Il n'y a pas de raison de changer la modalité du vote aujourd'hui alors que depuis le début du mouvement, notre force collective n'a besoin ni d'urne, ni de carte étudiante... .