Tract étudiant n°1

Éducation
Malmenée !


C’est dans un contexte de crise économique qui a vu les valeurs boursières s’effondrer et les licenciements massifs se multiplier, causé par un système trop libéral, qu’aujourd’hui une grave crise sociale se développe en France et en Europe. A l’heure, où pour sortir de la Crise la logique serait de miser sur la formation de la jeunesse, le gouvernement Sarkozy-Fillon poursuit le démantèlement et l’affaiblissement de l’Education Nationale.


Précédemment affaibli par la loi LRU (« libertés et responsabilités des universités » - Loi relative à
l’Autonomie des Universités) qui acte le désengagement de l’Etat, l’entrée de financiers privés instaurant pour l’université une forme de soumission aux intérêts de ses mécènes (coupes budgétaires dans certaines filières, revente du patrimoine immobilier…) et, de fait, la mise en concurrence régionale des universités, l’Université se voit aujourd’hui une fois de plus mise à mal avec Les réformes de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

La restructuration de l'enseignement supérieur et de la recherche imposée par le gouvernement actuel
constitue un véritable bouleversement qui menace l’Université et ses missions :

- La mastérisation : vers des professeurs moins bien formés


- La mastérisation : c’est effectivement la reconnaissance d’un BAC+ 5 pour les futures enseignants-es
mais avec la disparition des concours nationaux et anonymes, qui sont un critère d’évaluation offrant une égalité de réussite pour tous-es. Et ceci au profit de nouveaux critères d’évaluations opaques et arbitraires.

- Nous ne comprenons pas comment un enseignant-e pourra dispenser des cours alors que le
parcours de spécialisation (l’IUFM, CAPES) tend à disparaître en 2010.

- Ajoutons à ce panaché la réduction du temps de stage pratique qui est une occasion
pour les futures enseignants-es de suivre une formation progressive aux métiers de l’enseignement.

Ce qui en découle :

- Des enseignants-es non spécialisés-es car la réussite au Master ouvre le droit aux postes de l’enseignement sans l’obtention des concours spécialisés, sans pour autant déboucher sur un emploi stable et durable.

Conséquence :

- L’accroissement à outrance de postes précaires.
- L’unique solution proposée par le Gouvernement Sarkozy-Fillon : Répercuter les maux de l’Université sur l’enseignement primaire et secondaire.

Quand suppression de poste et Précarisation grandissante se donnent la main

La décision brutale de supprimer 900 postes constitue une rupture par rapport aux engagements de Nicolas Sarkozy de faire de l’Université une « priorité ». Cette décision relève d’un aveuglement idéologique du gouvernement alors même que N. Sarkozy promettait 1 milliard d’euros par an à l’Enseignement supérieur. Ces suppressions sont les premières depuis 15 ans :
- alors que le sous-encadrement des étudiants est chronique (la France, avec 18,1 étudiants par enseignant, se situe en dessous de la moyenne de 15,4 pour les Pays occidentaux),
- le gouvernement prend le risque de dégrader les conditions d’encadrement des étudiants. La suppression de postes de personnels administratifs va détériorer un peu plus les conditions d’accueil et d’accompagnement des étudiants, déjà particulièrement déficientes.
- Enfin cette décision pousse les universités à recourir aux recrutements de personnels contractuels, ce qui aura pour conséquence de précariser l’emploi universitaire, mais aussi d’accroitre les inégalités entre les universités qui en ont les moyens et celles qui ne pourront se le permettre.

Statut des Enseignant-Chercheur : la recherche menacée


De plus, les enseignants-es chercheurs, depuis le projet de modification récent du décret de 1984 du
Code de la Recherche qui garantissait leur indépendance en matière de recherche, seront assujettis-es aux présidents d’universités et aux conseils d’administration où siègent désormais les représentants des intérêts des entreprises. A long terme leurs recherches finiront par se confondre avec celles des entreprises et l’enseignement se dégradera.

La hiérarchisation entre recherche et enseignement au détriment de l’enseignement, (émanant
du projet de modulation du temps de travail des enseignant-es chercheurs-es) et le recrutement du personnel enseignant qui dépend également du directeur et du CA, sont la porte ouverte à un enseignement de moins bonne qualité et intéressé qui verra la fin d’universités à vocation d’ascenseur social comme celle de Saint-Etienne.

Nous demandons :
- Le retrait du projet de réforme de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
- L’ouverture de véritables négociations avec tous les partenaires et acteurs de l’Université
- Le retrait de la loi (LRU)
- Le retrait de la Réforme des Moyens

Nous refusons :
- Les suppressions des postes dans l’Education Nationale
- Le désengagement de l’Etat
Les Etudiants grévistes de l’UJM